Après quatre semaines de grève contre la "vie chère", le ton monte en Guadeloupe, où des barrages routiers ont été mis en place à l’appel du collectif LKP, tandis que la Martinique a rejoint le mouvement et qu’une grève générale est annoncée à la Réunion pour le 5 mars.
Une poignée de stations essence réquisitionnées quelques heures par jour par la police, des étales vides dans les supermarchés, des barrages dressés sur les principaux axes routiers, une douzaine de personnes interpellées par les forces de l’ordre... Au vingt-septième jour de grève générale, la tension est encore montée d’un cran en Guadeloupe, et rien ne semble en voie de relancer rapidement les négociations entre le patronat et le "collectif contre l’exploitation" LKP, qui bloquent notamment sur l’augmentation des bas salaires.
Une question que le patronat de l’île souhaite voir financée par le biais d’un allègement des charges patronales - une demande à laquelle le Premier ministre, François Fillon, a opposé, la semaine dernière, une fin de non-recevoir -, alors que les responsables du collectif LKP exigent, de leur côté, que l’Etat respecte "ses engagements" d’augmenter de 200 euros les salaires, ce que le gouvernement conteste.
Après la manifestation organisée samedi 14 février 2009 au Moule, une petite commune côtière qui a été le lieu d’une répression sanglante des planteurs de canne à sucre en 1952, l’heure semble être au durcissement de la mobilisation. "Le mouvement ne s’essouffle pas, il s’amplifie", a prévenu le leader du LKP, qui a durci le ton, accusant l’Etat de vouloir "tuer les Guadeloupéens" en envoyant des renforts de gendarmes.